Hello Riders - enfin, futurs Riders ! - c'est le colonel Luc qui vous parle. Vous avez toujours voulu partir à l'aventure ? Vous rêvez de filer dans l'espace à la vitesse de la lumière ? Vous aimeriez appuyer sur la gâchette d'une Thermo-sulfateuse AM320 dernier cris ? Alors ce job est fait pour vous ! Vous n'avez qu'à remplir ce formulaire - ne lisez pas trop les petites lignes, ce n'est pas pour rien si elles sont si petites - et la 5e Compagnie de la Flotte de l'Espace vous recontactera bientôt pour un entretien individuel !
Il était un petit navire...
Spark Riders 3000 est un jeu de survie coopératif pour 1 à 4 joueurs qui vous propulse aux commandes du Spark, un nouveau type de vaisseau spatial. Votre mission (si vous l’acceptez) sera d’acheminer des cargaisons vitales à travers la galaxie pour assurer la survie de l’humanité (cette page internet s’autodétruira dans 5 secondes).
Autant le préciser tout de suite, Spark Riders 3000 se joue avec l’aide d’une application mobile, symbolisée à bord par Iris, l’ordinateur du Spark. C’est elle qui vous guide lors de la mise en place de la partie (différente en fonction de la mission choisie) et qui s’occupe de gérer l’entre deux tours, notamment pour les actions ennemies. Certains évènements ou jalons importants de votre mission lancent également une courte vidéo de mise en situation.
Pendant la phase joueur, chaque personnage a droit à un déplacement, un coup de main et une action. Ces dernières vont de la réparation à la construction, en passant par le tir et le pilotage. Chaque action nécessite un lancé de dé, et bien que la plupart des faces soient positives, les coups de main posés au préalable permettent d’améliorer un résultat ou de retenter un lancer. Chaque Riders possède également un talent particulier, qui lui donne souvent un bonus pour un type d’action précis.
Si vous serez évidement amené à faire face à tout un tas de crapules aliens, savoir piloter le Spark dans un champ d’astéroïdes ou réparer le vaisseau efficacement lors d’une tempête solaire pourrait s’avérer bien utile. Le Spark, bien que résistant, n’est pas immortel et la perte de vos précieux réacteurs ou de votre cockpit signerait la fin de votre voyage stellaire.
... Qui n'avait ja-jamais navigué oh eh oh eh !
Avant de me plonger dans la rédaction de cette critique j’ai, comme à mon habitude, dressé une petite synthèse des points à aborder. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Spark Riders 3000 m’a inspiré. Beaucoup de choses à dire, en bien comme en moins bien ! Alors commençons par ce qui saute aux yeux dès l’ouverture de la boîte : l’édition, tout simplement remarquable.
C’est devenu un standard dans le jeu de société moderne, mais ici encore, le matériel est d’une qualité irréprochable : cartons épais pour les modules du vaisseau, jetons solides pour les blindages, cristaux translucides en guise de monnaie et des cartes à la finition impeccable. Tout est clair, net, agréable en main et surtout, extrêmement fonctionnel. Mention spéciale au thermoformage : chaque élément trouve sa place naturellement dans un rangement à la fois pratique et élégant. J’ai déjà vu des inserts vendus séparément bien moins optimisés que cette boîte de base. Chapeau bas à Arkada Studio.
Impossible d’ignorer l’intégration numérique du jeu et, sans entrer dans le débat du « pour ou contre les applis dans les jeux de société », force est de constater que celle de Spark Riders 3000 est d’une grande efficacité. L’ergonomie est limpide, le design soigné et surtout, aucun bug à signaler durant mes parties. L’usage des commandes vocales, bien que séduisant sur le papier, se révèle moins fluide que l’interface tactile : l’IA d’Iris demande en effet des formulations très précises pour exécuter les ordres, ce qui peut casser un peu le rythme. Mais pour les puristes du roleplay, l’option a le mérite d’exister.
Un autre point fort : le tutoriel intégré. Ludique, drôle et bien conçu, il est capable de vous faire entrer dans le jeu en moins de 20 minutes. Une excellente alternative au livret de règles, qui reste malgré tout bien écrit, mais dont je n’ai finalement eu que rarement besoin. Enfin, les vidéos de missions sont portées par des doublages de qualité et renforcent l’ambiance fun et immersive du jeu. Dommage, cependant, que la voix d’Iris - visiblement inspirée de celle d’un GPS ou de Google Translate - vienne ternir le tableau. Si l’intention humoristique peut se comprendre, son rendu robotique et haché devient fatigant à la longue. Pour une IA futuriste, on aurait préféré quelque chose plus proche de Scarlett Johansson que de Shyrka d’Ulysse 31.
Côté gameplay, Spark Riders 3000 se repose sur la gestion des priorités à bord : réparer un sas ou armer les canons ? Miser sur la vitesse ou sur la puissance de feu ? Chaque personnage dispose d’actions de prédilection et si on se spécialise rapidement, le système d’entraide vient dynamiser les tours et briser un peu la monotonie. La mécanique n’est pas révolutionnaire - Ghost Stories avait déjà popularisé ce type de coopération asymétrique - mais elle reste néanmoins efficace et bien huilée.
Le nombre limité d’actions disponibles pourrait faire tiquer les amateurs de stratégie, mais ce choix favorise une ambiance légère autour de la table en contrepartie. Pas besoin d’optimiser chaque mouvement pendant des heures : ici le plaisir vient avant tout de la fluidité des tours et des nombreux jets de dés, plutôt bienveillants.
Cela dit, le niveau de difficulté manque parfois de cohérence. Certaines missions en mode « facile » se révèlent étonnamment ardues, notamment à deux joueurs, où malgré l’aide de l’ordinateur de bord, l’absence de quatre personnages humains se fait ressentir. De manière générale, l’équilibrage semble un brin chaotique : peu de distinctions entre les modes « facile » et « expert », et une courbe de progression souvent binaire. Soit vous êtes sur une bonne lancée et rien ne semble pouvoir vous arrêter, soit vous enchaînez les revers et le jeu devient un tunnel de frustration.
Spark Riders 3000 est un jeu qui impressionne autant par sa qualité d’édition que par sa volonté de proposer une expérience immersive. Si l’équilibrage de la difficulté reste perfectible et que l’IA vocale peut diviser, le plaisir de jeu est bien là, surtout si vous privilégiez une ambiance fun à une stratégie millimétrée. Un très bon voyage… à condition d’embarquer avec le bon équipage.