Qui a dit que durant la Fête du Travail, personne ne travaillait ?
Je vous prouve le contraire avec cette nouvelle boîte à jeux qui revient sur quatre titres qui, alerte spoiler, ne finiront probablement pas dans mon top de fin d'année. Reste qu'ils méritaient d'être évoqués sur le site, rien que pour les hypes ou les pitchs intriguants qui les ont précédés !
Double Seven
Tenter de récupérer le plus vite possible des lots de 7 familles via de la pioche de dominos depuis un pool commun : Le principe de Double Seven fait dans l'efficacité et la nostalgie, et le petit plus matériel (tuiles en acrylique et supports malins) a tout pour attirer les foules à table.
Mais j'ai un problème avec le jeu, c'est la règle de pouvoir échanger à tout moment des familles de même taille. Une idée rigolote sur le papier, mais qui rend le gameplay finalement totalement chaotique (surtout sur grandes tablées). Je sais que des gens adoreront (et j'en ai vu pas mal en festivals). Mais moi cela m'a laissé fortement circonspect, en plus d'une petite déception globale sur une tacticité pas si présente qu'attendue.
Garden Rush
Participer à un duel de jardiniers en profitant au mieux d'une rivière commune glissante pour remplir sa grille de tuiles plus efficacement que son adversaire ? Alors c'est sûr, Garden Rush joue davantage la carte de l'immédiateté que de l'originalité, mais il est mignon et propose assez de bonnes idées cognitives pour séduire un public de néophytes ou de joueurs en recherche d'un petit jeu abstrait de remplissage.
Dommage dès lors que le gameplay soit si mal "équilibré". Pour moi l'interaction est trop limitée, les pouvoirs pas assez nombreux et la dynamique de jeu trop poussive (pourquoi cueillir est une action ?). Pour au final des tours pas super passionnants (la maintenance rébarbative n'aide pas), pour des parties qui me paraissent trop longues pour ce que l'on y fait.
Kelp
Que dire d'autre en préambule que, quel thème ! Un duel entre une pieuvre qui ne cherche qu'à survivre et un requin qui cherche son prochain repas, la base narrative de Kelp est incroyablement séduisante, et le jeu arrive à vous envoyer instantanément 50m sous la surface de l'océan avec son gameplay asymétrique ultra thématique et son matériel qui fait briller les pupilles.
Mais chez moi le plaisir de nager en eaux troubles a été malheureusement de très courte durée. Faute à un rôle du prédateur simpliste et beaucoup moins amusant que celui de la proie, riche en décisions mais souvent frustrant par la grosse part chance du jeu. Et aussi faute forcément à l'énorme densité qualitative du milieu du jeu à 2 actuellement, qui fait qu'il est difficile de pousser un jeu "moyen ++", même s'il tente des choses.
Tulip
Un jeu de manipulation de l'économie sur fond de crise véridique de la tulipe dans les Pays-Bas du XVIIème siècle ? Tulip prend le parti pris de surprendre à tous les niveaux, en réussissant même le pari de proposer un gameplay assez simple pour faire comprendre les rudiments de la bourse aux moins connaisseurs.
Je trouve à titre perso que le jeu ne propose pas assez de leviers mécaniques pour "changer le cours du marché", ce qui fait qu'il est impossible d'empêcher la chute d'une couleur de fleur et de prévoir une stratégie à long terme gagnante. Un jeu qui se veut donc plus opportuniste et hasardeux que tactique (ce que j'aurai préféré), mais qui reste très jouable et qui a quand même quelques atouts cosmétiques et ludiques dans son escarcelle pour plaire ... à des âmes poètes !