Vous avez raté la partie 1 ? C'est par ici
Voici venue l'heure de tirer les cartes ensemble ! Cruauté réveille-toi !
Qu’importe le courroux, qu’importe la ruine et que l’aube soit rouge !
Samedi 6 décembre.
Sofiane « Dogolover » se racle la gorge : à la fois joueur et organisateur, il s’attelle à expliquer une dernière fois les modalités du tournoi. Nous sommes partis pour quatre matchs minimum, avec un « top » à la clé pour les huit meilleurs représentants. Des récompenses attendent tous les joueurs, mais un gros lot est réservé au grand vainqueur de cette journée. La tension monte d’un cran et, après un roulement de tambour fictif, le « pairing » est annoncé : je jouerai mon premier match contre Nils, comme un clin d’œil du destin.
Game 1
J’affronte pour ce premier match Leona, la Solaris. Je vais devoir faire face à un adversaire qui privilégie la qualité à la quantité, profitant de la puissance des unités « jaunes » et des sorts de puissance « verts ». La première manche débute sur les chapeaux de roue et les premières passes d’armes ont lieu entre nos championnes respectives. Nous nous rendons coup pour coup et chaque point gagné est immédiatement suivi d’un autre de l’adversaire. Nous manquons chacun une occasion de faire le break et tout se joue finalement lors du dernier point. Malheureusement pour moi, Leona se révèle un poil trop solide et je m’incline sur le score de sept à huit.
Je n’ai cependant pas le temps de cogiter, car l’horloge tourne. Nous enchaînons directement sur la deuxième manche après une brève phase de side decking. Nous avons tous les deux la possibilité de changer légèrement notre deck avec huit cartes préparées en amont. Je choisis d’ajouter un sort contre ses grosses créatures et un autre pour annuler un de ses sorts clés. La seconde manche débute et j’entame directement les hostilités. Je fais la course en tête, bloquant complètement un champ de bataille et forçant Leona, Fiora et Qiyana à venir me chercher sur mon terrain. Le combat est âpre, mais Ahri ne tremble pas et fait fondre la force de ses opposantes : la victoire se dessine jusqu’à devenir inéluctable.
Le temps a littéralement filé entre nos doigts : l’horloge sonne, signalant que les 50 minutes allouées pour ce match sont déjà écoulées. La belle se jouera donc en cinq petits tours. Évidemment, avec un tour de moins que Nils, je ne peux rien faire lors de cette ultime phase. Je m’incline donc par deux manches à une, sur le fil du rasoir et principalement à cause du manque de temps. Quelque part, je suis rassuré : j’ai pu faire jeu égal lors de ce premier tour et je ne pense pas avoir fait de grossières erreurs. Le deck est relativement bien sorti, me donnant l’impression d’être solide sur ses appuis et capable de faire face à de nombreuses situations.
Game 2
Pour le deuxième match de la journée, je me retrouve face à Nicolas « Aalis ». Au moment de révéler notre Légende, nous nous esclaffons : Ahri se dévoile des deux côtés de la table, annonçant un terrible match miroir. L’avantage pour moi, c’est que je sais exactement à quoi m’attendre. L’inconvénient, c’est que je perds une nouvelle fois le « toss » et donc l’initiative. Le problème de la guerre des tranchées qui se profile, c’est que si nous nous contentons de défendre tous les deux, cela sera toujours à l’avantage du premier joueur grâce à la prise du premier point de victoire.
Je ne vais pas vous mentir en vous disant que cette ronde fut serrée. Malgré des tentatives de part et d’autre, aucune offensive n’aura finalement réussi à percer la défense de fer de l’autre, que ce soit lors de la première, deuxième ou troisième manche. Ahri ne possède pas de base de capacités d’attaque exceptionnelles, mais lors d’un match miroir, autant dire qu’aucune unité ne semblait pouvoir faire la différence. Nous avons donc échangé nos points au gré des tours, laissant à chaque fois le premier joueur l’emporter. La bataille s’est déroulée de façon très prévisible, tant nous semblions tous deux connaître par cœur les options à notre portée chaque tour.
Je m’incline cette fois encore par deux rounds à un, non sans penser que j’ai probablement perdu cette table sur le lancé de dé une heure plus tôt. Je garde néanmoins le sourire et souhaite à mon compagnon de champion une bonne fin de tournoi : si mon Ahri ne se placera sûrement plus dans le « top », la sienne a encore toutes ses chances d’atteindre la phase finale. Je me suis visiblement attaché plus vite que prévu à mon héroïne.
Game 3
Nombre de joueur impair oblige, le hasard fait que je tombe face au « joueur fantôme » pour cette troisième partie. Je me retrouve donc avec une victoire par défaut après mes deux premières défaites. Bien que cette « victoire » compte autant qu’une autre, je ne rencontrerai aujourd’hui aucun joueur satisfait de ne pas pouvoir jouer une partie supplémentaire. Preuve que même sous les atours de la compétition, tout le monde est avant tout venu pour s’amuser.
C’est l’occasion pour moi d’aller observer les différentes tables et de souffler après deux heures mine de rien plutôt intenses. Je m’intercale entre deux matchs au niveau assez relevé, avec un Viktor affrontant un Yi d’une part et une Kai’sa opposée à une Ahri de l’autre. Les deux parties iront jusqu’à la troisième manche, avec un Yi victorieux suite à une très belle remontada et une Kai’sa intraitable qui s’avouera néanmoins plutôt chanceuse sur le déroulé de la partie.
Game 4
La dernière partie de ces éliminatoires arrive bien vite et Tom, mon dernier adversaire, dévoile une Jinx. Difficile de ne pas voir la drôle de coïncidence qui se dessine, entre la championne élue et celle honnie. Pour la troisième fois en autant de tentatives, je perds le « toss », ce qui donne l’avantage à la Zaunienne de pouvoir être encore plus agressive qu’à l’accoutumée. La première manche ressemble d’ailleurs à un combat entre une jeunette hyperactive et une vieillarde sénile (je vous laisse deviner qui est qui). La punkette prend rapidement l’avantage en jouant très tôt beaucoup de petites créatures. Je tente de limiter l’hémorragie, mais les vagues se succèdent sans que je ne puisse reprendre l’avantage. Je suis sonné par cette première manche, mais encore debout (toujours vivant, tintintin).
Le deuxième round se passe nettement mieux. Tout d’abord, l’ajout de quelques cartes « anti-aggro » depuis mon side deck fluidifie un peu mon jeu. J’arrive à contrôler très vite un champ de bataille et oblige mon adversaire à s’empaler sur ce dernier grâce aux divers charmes et mes unités accélérées. J’annule farouchement toutes ses tentatives de créer une armée dans sa base et le force à faire tapis sur la capacité de Vi. Malgré une puissance cumulée de 17 (c’est beaucoup), la fougueuse combattante n’arrive pas à repousser la force combinée du poro, du renard et du corbeau. Nous irons donc une nouvelle fois en dernière manche.
La partie débute à peine et c’est le drame. Jinx semble touchée par la grâce et enchaîne ce qui ressemble de mon point de vue à une sortie parfaite. La mécanique d’ordinaire si complexe de ce deck se déroule sans accroc et montre ce dont elle est capable quand les astres sont alignés. De mon côté, mon départ est très mou et mes runes semblent sortir à l’envers : c’est la catastrophe. Je ne donne pas cher de ma peau, mais je réussis tout de même quelques échanges intéressants qui me remettent dans la partie. Je suis derrière aux points, mais mon adversaire peut s’essouffler rapidement si j’arrive à faire durer la partie encore un peu. C’était sans compter sur Vi, visiblement très en colère, qui achève mes dernières chances dans un final explosif en montant à 22 de puissance (c’est très beaucoup).
Conclusion
Je ne vous cache pas une certaine déception au moment d’annoncer mon parcours : avec trois défaites en autant de matchs, il est évident que j’espérais faire mieux. D’un autre côté, toute considération de résultat mise à part, j’ai passé une excellente journée. J’ai pu discuter et partager ma passion dans une ambiance de dingue et je me suis beaucoup amusé. Tout le monde a su faire preuve de beaucoup d’indulgence auprès du « petit nouveau » que j’étais et je les en remercie sincèrement. Même si nos joutes peuvent paraître un brin austères vu de l’extérieur, j’espère avoir su retranscrire ma joie et mon amour pour les jeux de cartes à travers ces deux articles. Participer à ce genre de tournoi peut sembler intimidant, mais je ne peux que vous conseiller de vous y essayer si l’aventure vous tente : je suis persuadé que d’autres joueurs seraient ravis de vous mettre le pied à l’étrier, même si c’est votre premier TCG.
Un grand merci encore une fois à toute l’équipe de Geekingdom, les organisateurs et les joueurs sans qui cette journée merveilleuse n’aurait pas eu lieu. Un grand merci également à tous les « supporters » qui sont venus jeter un œil à nos parties endiablées (big up aux touristes coréens fans de Ahri lors de ma dernière game, je vous aime <3). Et un grand merci à vous chers lecteurs, pour votre assiduité et votre passage sur ce site. Passez de bonnes fêtes et revenez nous en forme pour une nouvelle année pleine de cartes, de boosters et de duels !