Suburbia (édition collector)
Suburbia est un jeu de construction de ville de tuiles et de course au point sorti initialement... en 2012. Si j'en parle aujourd'hui, c'est que je vais pu approcher récemment la version collector de 2019, incluant des composants améliorés et toutes les extensions parues à ce jour. Et que dans le genre, cela reste sans nul doute le meilleur !
Le Sim City format plateau
Vous avez compris, je fais partie des joueurs qui apprécient beaucoup Suburbia, et ce pour plusieurs raisons.
Déjà, c'est un jeu de développement extrêmement accessible. Comment on gagne ? En ayant la population la plus élevée lorsque la tuile fin du jeu apparaît (à la fin du tour suivant plus précisément). Comment on joue ? On prend une tuile (soit de la rivière centrale, soit des piles de base), on paie son coût (majoré ou pas en fonction de sa position), et on la place sur son plateau individuel (qui ne comprend que trois bâtiments de base au départ). Il y a pas plus évident. Tout le monde peut y jouer. Et surtout se prendre la tête avec.
Car Suburbia n'est pas simpliste pour autant. Chaque tuile doit être choisie et placée avec minutie, car elle peut avoir un impact sur toutes les tuiles de votre plateau (et celles de vos adversaires pour certaines) ! Placez une usine à côté d'une ville, vous avez un malus de réputation. Ajoutez un parc, vous perdez un point de revenu global. Mais vous gagnerez un point de réputation à chaque fois que vous lui accolerez une résidence, un immeuble ou une usine.
Et il faut ajouter à cela l'obligation (d'essayer de) garder un certain équilibre au niveau global. Il y a deux jauges supplémentaires qu'il faut savoir bien gérer sur le long terme : Le taux de réputation, qui vous fait gagner de la population, et le taux de revenu, qui fait entrer des brouzoufs dans les caisses. A chaque fois que vous passez certains paliers de population, vous diminuez ces jauges d'un point.
Une ville qui grossit trop vite alors que vous gagnez peu d'argent, c'est l'assurance de passer un paquet de tours à ne rien pouvoir acheter d'intéressant. A l'inverse, prendre son temps pour se développer en étant « safe » côté pognon, c'est peut-être prendre un retard irrémédiable sur des adversaires plus aventureux.
Tous les choix sont donc cornéliens, on passe son temps le nez dans sa ville à essayer de calculer et optimiser chacun de ses coups. C'est stressant, mais ultra prenant. Et impossible dès lors de ne pas se souvenir de ses parties de Sim City : Vous retrouverez clairement les mêmes sensations, le même plaisir à voir votre ville grandir, de voir son moteur économique prendre vie au fil de la partie.
Reste que Suburbia n'est quand pas parfait. Le jeu (de base) est pas très excitant visuellement. Certaines tuiles sont trop puissantes et seront prises d'assaut par les connaisseurs. On a aucune visibilité sur la fin de partie, le gros des points se jouant sur les derniers combos (souvent dévastateurs), les mini tuiles modificateurs ou les points d'objectifs (personnels et communs) attribués lors du comptage final.
Des défauts qui peuvent être frustrants pour beaucoup, mais minimes si vous êtes un fan de construction de villes. Surtout que le genre ne court bizarrement pas les rues. Minivilles, Quadropolis, … il y a certes quelques jeux « sympatoches » dans le style, mais aucun qui apporte une réflexion tactique aussi profonde pour un temps de jeu finalement respectable (une grosse heure à tout casser).
Un collector fait pour les fans
Pour finir, parlons un peu de cette version collector Kickstarter (anglaise seulement), qui offre une rejouabilité absolument démente. Les cinq extensions sorties à ce jour, des bâtiments de « nuit », des sets de tuiles thématiques (sur les grandes villes du monde, dont Paris!)... Le fan hardcore du jeu y trouvera clairement son compte, et a vraiment de quoi renouveler ses parties pendant trois ou quatre siècles, à raison d'une partie par semaine (non il n'y a pas d'exagération !).
La boîte, gigantesque (bien deux Star Wars Rebellion en hauteur!), inclut en plus un paquet d'améliorations faites pour vous donner encore plus le plaisir de jouer : Un building cartonné qui sert de distributeur de tuiles, des pièces en bois pour les tuiles spécifiques (aéroports, hôpitaux), un plateau plastique qui facilite le placement de la rivière commune... si on ajoute la présence de nombreuses boîtes de rangements, permettant de trier la pelletée de tuiles par sorte et ainsi accélérer la mise en place, vous n'aurez plus aucune raison de ne pas jouer !
Après, il y a aussi dans la boîte des trucs « whatthefuck », comme ce jeton de premier joueur lumineux de 10 cm aussi moche qu'inutile. Mais bon là c'était vraiment pour chercher la petite bête ...


