Ladies and Gentleman, bienvenue au 32e tournoi du DE-PUNCH-EUR !
Ce soir, dans cette arène chaud bouillante du Zenith, nous allons accueillir deux vedettes - que dis-je ?- deux MO-NU-MENTS de la scène ludique internationale ! Dans le coin gauche, la championne en titre, actuelle détentrice de la prestigieuse ceinture des poids légers et vainqueur absolue du winning bracket, je vous demande de faire du bruit pour FAE-LI-VRINE !
Dans le coin droit, notre challenger : il ne rêve que d’une chose, c’est de prendre sa revanche ! Grand vainqueur du loosing bracket, le maestro de la remontada répondant au doux nom de koala, acclamez comme il se doit YU-RI-KU !Let’s get ready to RUUUUMBLE !
Choose your fighter
Avec Tag Team, Gricha German et Corentin Lebrat misent sur un concept aussi simple qu’astucieux : créer un jeu de baston pour deux joueurs où les coups ne se donnent pas à la volée, mais se programment. Chaque duel oppose deux équipes de deux combattants et la victoire revient à celui qui réussira à mettre KO au moins un de ses adversaires. Une idée qui mêle tension stratégique et plaisir immédiat, entre calcul froid et exécution spectaculaire.
Dès l’ouverture, Tag Team interpelle par sa double identité : à la fois « autobattler » et « deck builder ». Concrètement, les joueurs préparent leur séquence d’actions avant de laisser le jeu se dérouler tout seul, comme une chorégraphie de coups et de contres savamment orchestrée. Ici, impossible d’intervenir une fois le combat lancé : tout se joue lors de sa préparation. À la fin de chaque round, chaque joueur enrichit sa séquence d’une nouvelle carte, à insérer à l’endroit de son choix. Un principe d’une simplicité redoutable, qui transforme chaque décision en dilemme tactique : vaut-il mieux frapper, défendre ou surprendre l’adversaire avec une carte inattendue ?
Sur le plan des mécaniques, chaque champion dispose d’un arsenal d’attaques, de parades et d’effets spéciaux propres, qui injectent une dose bienvenue d’asymétrie dans les affrontements. Certains misent sur la puissance brute, d’autres sur la ruse ou encore sur le contrôle. Rapidement, les combinaisons possibles se multiplient, ouvrant la voie à une infinité de synergies et de styles de jeu. Les duels deviennent alors de véritables puzzles tactiques où la lecture du jeu adverse fait toute la différence.
Successful sweep pour un hard knockdown !!
L’un des grands plaisirs de Tag Team, c’est l’immédiateté de sa prise en main. En quelques minutes seulement, on assimile les règles et on se lance à l’assaut de l’arène. On rit (ou on rage) devant les coups portés, les esquives bien placées et le plan de jeu qui commence à se former. Les affrontements sont fun et dynamiques, pour le plaisir des petits comme des grands enfants.
Mais derrière cette apparente simplicité se cache une courbe d’apprentissage des plus subtiles : plus on apprend à connaître son duo, plus on découvre la richesse des enchaînements possibles et la finesse des timings. Le jeu révèle alors toute sa profondeur stratégique, récompensant les joueurs capables de planifier plusieurs tours à l’avance. Il est toujours possible d’y aller à l’instinct - et je mentirais en oubliant le facteur chance dans la composante bluff/contre-bluff - mais j’éviterais quand même de jouer contre Sherlock.
Si je trouve Tag Team réussi mécaniquement, il est également superbe graphiquement. Les illustrations signées Naïade confèrent au jeu une véritable identité visuelle, à mi-chemin entre le dessin d’animation et le jeu vidéo, pour un résultat résolument pop et coloré. Chaque champion est immédiatement identifiable et possède sa propre palette de couleur, histoire de faciliter le rangement à la fin. La production est encore une fois d’une qualité exemplaire, avec des cartes et des jetons de couleurs vives joliment imprimés. Le boîtage ne fait pas dans la fioriture, mais reste efficace avec une place pour chaque élément.
Je pense que vous l’aurez compris mais pour moi Tag Team est une franche réussite. En réussissant à allier la profondeur tactique d’un jeu de stratégie à celle d’un petit jeu de carte fun, les deux auteurs nous offre une boîte sur laquelle il est difficile de faire la fine bouche. Le format rapide des affrontements - comptez un quart d’heure par duel - pousse à s’y replonger constamment, que ce soit pour faire varier les combattants ou au contraire peaufiner sa stratégie.
