Troisième salve de tops concernant les nouveaux chroniqueurs du site avec cette fois-ci le classement des jeux favoris de ... Pierre-Olivier !
N°1 : Seven Wonders Duel (+ ses extensions)
Tout a été dit sur ce classique parmi les classiques ! Mais peu importe ! A la fois grand public (du moins dans sa configuration vanilla) et extrêmement stratégique, parfait dans ses mécaniques et sa thématique : c’est un coup de maître ! Et même si je reconnais que son “remake” récent sauce Seigneur des anneaux est plus efficace et épuré, 7WD reste pour moi un classique absolu. Celui que je garderai s’il ne devait en rester qu’un.
N°2 : Les Ruines Perdues de Narak (+ ses extensions)
Le jeu de base est génial, j’y ai passé des heures, mais l’apport de la première extension (chefs d’expédition) est tellement substantiel (grâce aux personnages asymétriques) qu’il me paraît aujourd’hui difficile de jouer sans. Au-delà de ça, j’adore la fluidité du jeu, sa piste de recherche à surveiller constamment, son thème Indiana Jones-esque, son deckbuilding modéré. C’est une machine à dilemme permanent. Et pas besoin d’automa pour jouer à deux (suivez mon regard…) ! Un grand jeu.
N°3 : Innovation
Je continue à rester stupéfait, à chaque fois que j’y joue, de la capacité de ce jeu à proposer autant avec si peu. Quand à côté les jeux “experts” demandent des tables toujours plus grandes pour être joués, Innovation se déploie simplement grâce à son paquet de cartes divisé en dix petits tas. Mais qu’est ce que c’est bien ! Qu’est ce que c’est malin ! Une partie ne ressemblera jamais à une autre. Entre courses effrénées pour être le premier à atteindre les cartes cheatées de l’âge numérique, et volonté d’avoir le plus de symboles possibles sur ses cartes pour empêcher son adversaire de jouer, ça râle souvent autour de la table !
La jolie édition de chez Iello est désormais difficilement trouvable, mais une réédition (certes un peu austère) est prévue chez Matagot pour la fin de l’année !
N°4 : Terraforming Mars / Ark Nova
Pour moi, Terraforming Mars et Ark Nova, ce sont les deux versants d’une même pièce. L’un ne va pas sans l’autre. Le Yin et le Yang. Dupond et Dupont. Je les aime d’amour tous les deux. Le premier parce que ça a été un choc absolu quand je l’ai découvert en 2020. Terraforming Mars est tellement efficace, évident, fluide, fun, immersif, moche (oui moche, mais c’est aussi ce qui fait son charme!). Pour moi c’est l’entrée parfaite dans le jeu Expert, celui qui rassure et donne envie de rejouer.
Pour Ark Nova, c’était pas gagné, j’ai rechigné longtemps à m’y intéresser. Je déteste les zoos et les animaux en captivité. Mais j’ai dû m’incliner une fois ma première partie jouée : c’est brillant. C’est l’étape suivante, la suite logique, une fois qu’on est devenu spécialiste de la terraformation martienne. L’un et l’autre partagent une rejouabilité infinie, des extensions formidables et une capacité incroyable à me faire vivre une aventure unique à chaque fois.
N°5 : Mindbug
Ancien petit joueur de Magic repenti, sevré, regardant de loin et avec une certaine envie mêlée de dégoût la profusion de TCG et ses dérives (Hasbro en roue libre…), Mindbug est arrivé à point nommé pour moi.
Pourtant ma première partie a été une vraie déception. Je n’ai pas compris tout de suite l’intérêt du jeu. Je le trouvais bordélique, hasardeux, impossible à anticiper… Et pourtant ! Comme tout jeu de cartes d’affrontement il fallait juste persévérer, apprendre à connaître chaque carte. Et après plus d’une centaine de parties (que ce soit sur le jeu de base ou ses extensions stand alone) je ne peux que m’incliner devant la perfection mécanique de Mindbug qui donne les sensations d’un TCG sans l’obligation de vider son livret A dans des display de boosters. Une mauvaise décision peut faire basculer la partie, surtout grâce à l’idée géniale que propose le jeu : voler par deux fois la carte que l’adversaire vient de poser.
Du coup je la pose ? je la pose pas ? J’attends ? Qui a fait ce jeu déjà ? Richard qui ? Garfield… Ça me dit quelque chose…
N°6 : Traîtres à bord !
J’aime pas “Les loup-garous de Thiercelieux”. A chaque fois que j’y ai joué je n’ai pas compris l’intérêt d’accuser un peu au hasard pour voir comment la personne réagi (du moins dans sa version de base). Traîtres à bord ! apporte, lui, un objectif commun, celui de reconstituer un trésor, et c’est la grande force du jeu. On peut vérifier son contenu, mentir dessus si on est un traître, risquer de se faire démasquer si quelqu’un le fait juste après nous,... On hurle, on fait de grandes plaidoiries, on exulte… Bref, c’est à chaque fois un immense succès avec des “non-joueurs”.
Typiquement le jeu qui amène cette fameuse phrase : “on en refait une ?”
N°7 : Love Letter
Love Letter c’est la classe de l’épure. T’amènes ta petite poche rouge velours, tu la poses sur la table, tu expliques les règles en trois minutes et deux heures plus tard tu n’as joué qu’à ça. Et tout le monde en redemande. Amener Love Letter à une soirée, c’est risquer de ne jouer à rien d’autre.
Je continue encore à découvrir des stratégies et à être soufflé par la profondeur de ce petit jeu de cartes absolument génial. En plus il existe plein de versions rethématisées avec à chaque fois une petite variante de règles ! Un classique de chez classique.
N°8 : Khôra
Je suis venu à Khôra pour la qualité de son édition et son thème. Je suis resté pour sa mécanique de jeu et son originalité. Faut dire que j’ai rarement vu un jeu standard aussi “premium” dans son matériel. Et alors ce principe d’avoir des possibilités d’actions selon le résultat de son lancer de dés est génial ! On développe sa cité. On fait des choix économiques, militaires... On surveille son voisin… Et d’un coup on râle parce que c’est déjà le dernier tour.
C’est élégant, ça tourne comme une horloge, y a une petite plu-value pédagogique (via un glossaire sur les cités etc…), et c’est rapide à jouer.
Quel dommage qu’aucune extension n’ait vu le jour… Cela aurait permis d’améliorer l’aspect militaire et de rééquilibrer un peu le jeu (certaines cités étant clairement trop puissantes).
N°9 : Everdell
J’aime les jeux avec des animaux anthropomorphes. Faut pas chercher à comprendre. Dès que je vois une souris en tablier qui va chercher son courrier, ou un castor avec un casque de chantier qui donne des ordres sur un barrage, ça me ravit. Everdell est donc un plaisir permanent pour le grand enfant que je suis.
C’est surproduit, ça ne révolutionne pas grand chose, et c’est très (trop) cher… mais vous avez vu ces illustrations ?! Vous avez tripoté ces petites résines brillantes ou ces baies violettes ?! Vous avez goûté au plaisir de voir votre moteur de ressources mis en place en hiver prospérer au printemps ?!
Bah voilà… Ce jeu me happe à chaque fois. À. Chaque. Fois. (et Dieu merci, les extensions sont tellement chères que ça m’oblige à rester raisonnable…).
N°10 : Seasons
En l’an de grâce 2012, Carly Rae Jepsen chante “Call Me Maybe”, j’ai un peu plus de cheveux, et Régis Bonnessée sort Seasons.
Un jeu qui, malgré ses 13 ans au compteur, n’a pas pris une ride et continue à mettre une mandale à pas mal de jeux récents. Planification à long terme avec séparation de sa pioche en trois tas différents, construction de moteurs et de combos, et interaction juste comme il faut, ça ressemble de loin à du Res Arcana mais de près c’est encore meilleur à mon goût. Notamment grâce à sa superbe direction artistique.
Une réédition/actualisation pour faire (re)découvrir ce bijou aux nouveaux joueurs serait bienvenue, Libellud !