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LA PASSION DU JEU DE SOCIÉTÉ !
bosk
CRITIQUE
Bosk
Promenons-nous dans les bois
par David
créé le 01 décembre 2020

Photosynthesis. C'est y est j'ai fauté, le mot est lâché (dès le premier mot de l'article, je pensais vraiment tenir au moins deux phrases de plus). Mais impossible de ne pas citer l'excellent jeu de Hjalmar Hach tant Boskpossède de similitudes.  

On y retrouve déjà le même thème ultra nature coloré et apaisant, avec un design global choupinou qui donne envie de fuir le confinement et partir en randonnée des jours durant. On y retrouve aussi un plateau commun à cases, avec des petits arbres en carton 3d qui font un effet waouuhh une fois posés sur la table. Et surtout, on y retrouve ce côté puzzle game familial, qui fait remuer les méninges des petits, mais aussi des grands enfants que nous sommes.

Par contre ici, exit la gestion de la lumière. Bosk met à l'honneur le vent, dans un jeu qui vous offre le contrôle de la destinée d'une espèce de feuillus (chacun la sienne) au cours des quatre saisons de l'année. Et ça, cela change beaucoup de choses.

Deux fois deux quatre

Une partie de Bosk, c'est en réalité deux phases d'actions distinctes (printemps et automne), qui se terminent chacune par un comptage de points intermédiaire (été et hiver).  

L'année débute par la mise en terre des graines et une course à la majorité sur les sentiers du parc national. Chaque joueur dispose au départ pour cette phase de deux séries de quatre arbres, numérotés de 1 à 4. A son tour, il doit placer celui de son choix sur l'une des intersections complètes et libres du plateau principal, en gardant à l'esprit que seuls les deux joueurs ayant la somme le plus élevée sur chaque ligne et colonne du champ de jeu grapilleront des points durant la saison estivale.

Cette phase, plutôt rapide, est peut-être la plus stéréotypée, puisque on se retrouve souvent à se "faire la guerre" pour la zone centrale de la forêt, stratégiquement la plus intéressante. Mais une phase déterminante, car la position de vos arbres va influer sur vos possibilités et votre stratégie lors de la saison suivante.

Car vient ensuite l'automne, le gros morceau du jeu. Le soleil faiblit, les arbres n'ont plus assez d'énergie pour entretenir leur parure, et n'ont plus le choix que d'abandonner leur feuillage avec panache, en recouvrant un maximum de terre possible. Le joueur le plus en retard au score devient premier joueur et doit au préalable accoler le plateau "vent" sur l'un des quatre côtés du plateau principal. Une frise importante, puisqu'elle va indiquer le sens du vent pour les huit tours que dure cette saison de jeu, ainsi que le numéro des arbres impactés durant les quatre premiers.

Quand vient son tour, un joueur doit tout d'abord sélectionner l'un de ses arbres en suivant cette dernière règle. Ensuite, il doit choisir le nombre de feuilles qui en tomberont, en retirant définitivement du jeu l'une de ses huit tuiles personnelles (numérotées de 2 à 8). Enfin, en partant de la base de son arbre, il doit tracer un chemin de feuilles de manière continue, en suivant le sens indiqué par la frise, jusqu'à être bloqué ou ne plus avoir de feuilles.

Pour cette étape, le joueur peut tout à fait recouvrir l'une de ses feuilles (sans contrepartie) ou une adverse, mais il doit alors en défausser autant de sa main que de feuilles à recouvrir sur la case visée. A noter que chaque chaque arbre "mort" doit être enlevé une fois joué, et que chaque joueur dispose d'une tuile bonus qui lui permet de placer un écureuil impossible à recouvrir à trois cases maximum d'un arbre.  

L'hiver annonce en tout cas le dernier décompte. Chaque joueur majoritaire sur l'un des huit types de terrains gagnent des points, le plus avancé sur la piste de scoring remportant le titre du prince du bois joli !

Deux moins fort que un

Bosk est assurément un jeu très plaisant. Derrière une double mécanique de contrôle de zones très classique, se cache un jeu à plusieurs phases qui offre matière à réflexion. Et ce qui ne gâche rien, c'est sa plastique aguicheuse. Bosk offre une excellente présence à table, par ses composants épais de très bonne facture, sa variété de formes et ses couleurs chatoyantes, des arbres au plateau de jeu. En plus, moi j'adore les écureuils (pas au point d'avoir ouvert cinq comptes bancaires tout de même), et je trouve qu'on en voit pas assez dans nos jeux modernes. Faut-il que je lance un mouvement politique...

Mais forcément, quand deux jeux sont si proches, la comparaison est inévitable.

Et j'ai l'impression que Bosk offre malheureusement moins de contrôle, et laisse plus place au hasard et à la chance que son aîné, sur des configurations à trois ou quatre joueurs. La phase d'automne est d'ailleurs très symptomatique de ce phénomène : Une fois la moitié des tours passés, le terrain se voit souvent recouvert de moitié, avec des amas de feuilles au centre, et on se bat souvent plus pour limiter les dégâts, grapiller quelques cases ici et là, que de tenter de réaliser le coup décisif qui nous fera remporter trois zones d'un coup.  

Comme dit plus haut, la première saison n'est pas non plus transcendante, et il est difficile d'anticiper ou de prévoir une tactique long terme tant le terrain change constamment.

Reste que là où Bosk tire son épingle du jeu, c'est en mode duel. À deux joueurs, Bosk est résolument plus tactique, offre moins de variations pour laisser la possibilité de se créer une vraie routine menant à la victoire. Après, on est quand même loin des jeux les plus exigeants du genre, mais on se rapproche d'avantage d'un jeu abstrait axé sur la réflexion comme on peut s'y attendre en prenant connaissance des règles.

Bosk a finalement trouvé un vif intérêt chez moi auprès des joueurs plus occasionnels, et cela me confirme l'idée qu'il est d'avantage taillé pour ce public là. Ceux qui cherchent à jouer à un jeu qui fait réfléchir, sans se prendre la tête avec des règles trop complexes ou des coups à prévoir sur 3 tours, tout en profitant d'un design agréable qui donne envie de s'évader. Et rapidement. Car oui, point positif non négligeable, le jeu se sort en deux minutes chrono (grâce à ses petits boxs individuels cartonnés), et ne prend pas trop de place, que ce soit sur un coin de table ou dans son étagère. 

bosk
Editeur(s)
Auteur(s)
Daryl Andrews
Mécanique(s)
contrôle de zone
Interaction(s)
blocage
Nombre de joueurs
2-4
Date de sortie française
2019
Âge recommandé
14+
Durée de partie
45 min
ACHETER SUR
J'APPRÉCIE
Un matériel qui sublime les mécaniques
Un jeu qui se sort très facilement
J'APPRÉCIE MOINS
Un peu trop de hasard pour un jeu abstrait
EN RÉSUMÉ
Frais et intelligent, il manque un peu de contrôle et de profondeur à Bosk pour en faire une référence du jeu abstrait catégorie expert. Mais les joueurs occasionnels peuvent y trouver leur compte.
14 / 20
Jeu plaisant

Le jeu en détail

Complexité
Familial ou occasionnel
Des règles rapides à instruire, un jeu pas trop exigeant mentalement (même s'il faut quand même un peu s'employer si on veut l'emporter), un très bon jeu pour faire jouer un maximum de monde autour de soi.
Interactivité
Légère
On peut taquiner ses adversaires en bloquant des intersections, des cases, ou leur envoyer des arbres 3D à la figure, c'est tout !
Thématisation
Moyenne
Je ne comprends pas toujours pas pourquoi les arbres veulent dominer les chemins et mettre leurs feuilles partout, mais la plastique et le thème font beaucoup pour l'attirance pour le jeu.
Originalité
Oui, mais rien de transcendant
Le contrôle de zone, on connaît. Deux jeux dans le jeu, c'est moins courant, mais ce n'est pas assez poussé pour marquer côté originalité.
Mise en place
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On ouvre, on joue.
Prise en main
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Des règles basiques, simple à prendre en main.
Rangement
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Inserts et boîte bien adaptés, jeu qui se sort et range rapidement.
Rejouabilité
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Un jeu rejouable, si sortie avec parcimonie et en variant la tablée et le nombre.
La tablée idéale selon moi : Avec sa moitié ou une connaissance peu joueuse pour lui faire découvrir les jeux abstraits. Avant de passer à du concret... :p

Commentaires

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