Ah, les îles désertes... le sable fin, la mer turquoise, la zénitude absolue. On s'y voit déjà, un ananas dans une main, un bol de riz dans l'autre. Mais attention ! Qui a osé piquer ma récolte ?
Bienvenue à Moluku, un jeu de draft et de plis dans lequel il va falloir être aussi subtil qu'un rescapé de Koh-Lanta pour bâtir l'île la plus prospère !
Mise en place : Un cocktail express
Ici, pas de chichis. On mélange le paquet, on distribue les cartes (14 à deux joueurs, 12 à trois ou quatre) et c'est parti. On prend ses cartes en main et on plonge directement dans le lagon.
La mise en place est aussi rapide qu'un coup de soleil sur le nez !
Mécaniques : Le pli, mais avec un twist tropical !
Au premier abord, on est en terrain connu. Il faut suivre la couleur demandée, couper à l’atout si on est à sec ou jouer une carte d’une autre couleur.
Les Panku, quatre cartes spéciales sans couleur, viennent pimenter le tout puisqu'elles peuvent être jouées n'importe quand et déclenchent de petits effets immédiats.
Mais la véritable subtilité arrive au moment de ramasser les cartes : Celui qui remporte le pli ne rafle pas tout ! Il choisit une seule carte parmi celles jouées (la sienne ou celle d'un adversaire).
Le deuxième joueur choisit ensuite sa carte, et ainsi de suite. On dépose ces précieuses ressources devant soi pour constituer son île.
À la fin de la saison (quand toutes les cartes sont jouées), on fait les comptes.
Votre île est-elle un paradis ou un désert de points ?
Décompte : L'art de la salade de fruits
À chaque fin de saison (il y en a trois au total), on organise son île pour maximiser les points.
Le but est de créer des combos : Une cabane avec du riz, de l'ananas et du poisson rapporte le gros lot (15 points !) tandis que les aliments seuls rapportent leur valeur faciale.
Le petit plus stratégique ?
Entre chaque saison, on reprend toutes ses cartes, on ajuste sa main en piochant et défaussant des cartes (selon le nombre de joueurs) et c’est reparti.
Et cerise sur l’ananas, le joueur au score le plus faible choisit la couleur de l'atout pour la manche suivante.
Verdict : Une brise marine rafraîchissante
Moluku ne révolutionne pas totalement le jeu de pli mais il apporte un vrai gain de fraîcheur grâce à sa mécanique de sélection originale.
On ne joue pas juste pour gagner le pli, on joue pour récupérer la bonne carte.
Certaines cartes s'associent de manière très maligne. Le Temple booste vos volcans, le grenier permet de marquer 1 points par bol de riz tandis que deux Palmiers vous permettent de changer l'atout en cours de route.
C’est frais, c’est innovant et on se surprend à tenter différentes approches pour optimiser son île.
La réflexion est bien réelle. Comme on choisit sa carte à la fin du pli, on passe son temps à calculer si l'on préfère perdre la main pour sécuriser un fruit juteux au tour d’après ou gagner pour rafler la meilleure option tout de suite.
Le hasard de la distribution est là, bien sûr, mais il est largement lissé par la pioche/défausse entre les saisons et le choix de l'atout par le joueur à la traîne.
Côté matériel, le bilan est plus mitigé. La boîte est minuscule et ultra-pratique à transporter mais l'ensemble manque un peu de soleil.
Les cartes sont fines, le dos est très classique et la direction artistique reste un peu timide pour un thème paradisiaque. Heureusement, l’iconographie est limpide et la feuille de règles est bien organisée et claire.
On apprécie la présence d'aides de jeu pour les scores et les pouvoirs même si leur lecture n'est pas des plus limpides au premier coup d’œil. Malgré des cartes Panku un peu sages et une identité visuelle qui manque de peps, Moluku est une belle surprise mécanique.
Dans la jungle actuelle des jeux de plis (et des jeux tout court d’ailleurs), il se positionne comme un titre tactique mais très accessible.
C’est un jeu de pli malin qui donne envie d’enchaîner les parties pour tester de nouvelles combinaisons. Un jeu à glisser dans son sac de voyage !