L'arrivée de PlayPunk sur le marché des éditeurs de jeux a été une surprise pour beaucoup. Mais si on en croit l'auteur Antoine Bauza, l'un des cofondateurs, cela faisait partie d'une évolution quasiment obligée dans sa carrière.
"J'ai commencé à m'ennuyer en concevant des jeux… il y a tellement de jeux maintenant – j'ai le sentiment que tout le monde crée des jeux maintenant. C'était amusant il y a 10 ans, car seuls quelques-uns faisaient des jeux, mais maintenant tout le monde fait des jeux. Donc je pense que je voulais juste ne pas faire partie de toutes les personnes qui font la même chose. J'ai fait quelque chose comme 40 ou 50 jeux et je voulais juste un peu d'air frais."
... a expliqué le créateur de Seven Wonders pour le site boardgamewire.
Sa chance, c'est d'avoir pu compter sur son ami de longue date Thomas Provoost, co-fondateur de 7 Wonders Repos Productions, qui n'arrivait plus à retrouver la flamme après avoir cédé ses droits à Asmodée quelques années auparavant.
Et le déclencheur fut la découverte d'un jeu KS nommé Regicide, qui n'intéressait personne en interne alors que les deux hommes étaient tombé sous le charme.
"Ils sont idiots, le jeu est vraiment fort. Si personne ne publie ce jeu, nous devrions le faire ensemble, car c'est un jeu de cartes – ce n'est pas si difficile à publier" a tancé Antoine Bauza à son compère, qui retorqua immédiatement "Oh, tu es sérieux. Ouais, on peut faire ça. J'envoie ma démission aujourd'hui. Et nous travaillons sur ce projet demain".
Les deux hommes ne trouvèrent malheureusement pas d'accord avec l'auteur derrière Régicide. Ce qui n'empêcha pas les deux compères de créer la société (juin 2022), et de trouver leur premier projet dans la foulée ! (un prototype de Paolo Mori).
"C'est toujours très excitant quand vous commencez, vous savez – c'est comme concevoir un jeu, quand vous avez la première idée et que vous faites le premier prototype".
... s'est enthousiasmé l'auteur français, avant de confirmer vouloir s'imposer avec une direction forte.
"Beaucoup d'éditeurs avec lesquels je travaille, il y a beaucoup de projets et de personnes impliquées et ils n'ont pas vraiment le temps de jouer beaucoup au jeu parce qu'ils doivent contacter avec les usines, travailler avec les artistes. Je pense que c'est la grande partie manquante chez de nombreux éditeurs. Pas tous les éditeurs bien sûr, mais beaucoup d'éditeurs ne prennent tout simplement pas le temps de jouer, de jouer et de tester beaucoup.
"C'est la partie que nous aimons le plus, avec Thomas, donc nous jouons au jeu toute la journée pour être sûrs de pouvoir… il y a toujours de la place pour s'améliorer, ça pourrait être la conception du jeu, ça pourrait être l'illustration, ça pourrait être les composants et nous voulons jouer et jouer et rejouer, toujours."
Une ambition que l'on espère palpable dans Captain Flip, attendu pour le premier trimestre 2024 !