Temps modernes, médiéval fantastique, futuriste, Far West, licence horrifique ... la saga Zombicide n'a cessé de s'approprier tous les univers et d'envahir les tables de jeux depuis un premier kickstarter historique (près de 800 000$) en 2012.
Le moment idéal pour un reboot de la série ? C'est ce que que pense en tout cas l'éditeur CMON, qui vient tout juste de localiser en français la deuxième version de sa Saison 1 qui n'est vraiment pas que cosmétique.
Et si vous ne connaissez pas Zombicide (#lahonte #vousnetespasunvraifandejeudesociété #vousavezratévotrevie #jeplaisante #jefaisdeshashtagsquineserventariensurunsite), sachez que c'est un jeu coopératif dans lequel les joueurs doivent faire réussir des missions à des survivants en pleine apocalypse zombie. La plupart du temps, les objectifs sont disséminés sur un plateau modulaire représentant une ville en bien sale état, et les joueurs doivent s'y rendre en évitant des salves de plus en plus coriaces de morts-vivants en tout genre.
Une partie consiste en une successions de tours qui se découpent chacun en deux phases : Une où tous les joueurs font évoluer les 6 survivants qu'ils se sont répartis en début de partie, et une où l'on active les zombies présents avant d'en faire arriver de nouveaux sur les points d'apparition prévus sur la carte. Le jeu repose sur un système de points d'actions (trois par personnage au départ généralement) que l'on peut répartir à sa guise entre se déplacer d'une "case", attaquer, faire du bruit, ouvrir une porte (si on a une arme compatible dans la main), ouvrir une caisse et fouiller un bâtiment, avec une limite de 1 tentative par tour pour ce dernier mouvement.
Beaucoup du succès des premières boîtes basées sur un univers moderne provient du certain "réalisme" apporté à la gestion de sa survie. Chaque personnage débute son aventure avec une arme basique, ne peut jamais utiliser autre chose que les deux armes qu'il a en mains, ne peut stocker que 3 objets maximum dans son sac et part à l'aventure avec un nombre limité de points de vie. Un joueur devra en outre dépenser un point d'action quand il veut utiliser certains objets de son sac, réaliser une transaction avec un partenaire (présent dans la même zone) ou échanger des objets entre son paquetage et ses paluches.
L'apprentissage du terrain est aussi pris en compte dans le jeu via l'adrénaline, qui permet de débloquer des compétences supplémentaires lorsque son curseur d'expérience change de palier de couleurs, tout en ayant la fâcheuse contrepartie de rendre les apparitions de nouveaux ennemis plus riches. Une adversité qui n'est d'ailleurs jamais absente trop longtemps car, passés les rôdeurs basiques, vous pouvez croiser dans les rues des forcenés (qui agissent deux fois), des balèzes (qui nécessitent des armes infligeant 2 points de dégâts) et surtout des abominations, que l'on ne peut dessouder qu'avec un cocktail Molotov !
Les habitués noteront dès l'ouverture de la boîte la grosse montée en gamme niveau matériel. Si le jeu de base n'était pas "dégueu" à l'époque, CMON propose ici des figurines aux sculptes vraiment plus précis et détaillés, surtout pour leur taille et leur nombre. En plus de leur qualité globale (qui se voit très nettement sur les 12 héros aux styles marqués, un vrai effort a été fait pour proposer de la variation dans chaque type de monstre pour améliorer le rendu sur la table.
Si le travail d'illustration restent dans ce style caractéristique de la série tout en proposant des visuels affinés et davantage dans l'air du temps, l'éditeur a par contre mis le paquet sur l'ergonomie générale.
La première chose qui frappe, ce sont les nouveaux plateaux joueurs (certes plastiques) parfaitement adaptés à la gestion courante. Deux encarts mains ultra visibles, un système de curseurs à trous qui évite toutes déconvenues, des encoches pour les objets sacs ... avec des plaquettes identité qui résument les capacités des survivants sur leur dos, la prise en main est immédiate.
Mais c'est surtout sur le temps d'installation que le jeu a gagné des points, avec en point d'orgue des tuiles modulaires du jeu ont été modifiées pour faire apparaître les portes verrouillées, les objectifs et autres informations de configuration. Quand on sait que le contenu des missions passe avec cette nouvelle édition de 10 à 25 scénarios, c'est forcément un gain de temps non négligeable, qui permet en plus d'avoir moins peur de sortir le jeu avec des joueurs pressés.
Et sous le capot, Zombicide a aussi muri, fort des dizaines d'évolutions qu'a connu la saga. Le jeu voit notamment apparaître des personnages enfants, plus fragiles mais qui bénéficient d'une capacité de s'échapper plus facilement vraiment grisante. Les règles ont évolué, se sont rationalisées. La priorité sur les tirs est beaucoup plus simple (et moins douloureuse pour les survivants), la gestion des voitures a été simplifiée, les compétences disponibles ont été revues à la baisse. Tout cela contribue indiscutablement à rendre le jeu plus accessible et clair, même si on peut regretter qu'il faille encore passer à la caisse pour s'amuser de quelques évolutions récentes qui apporte de la variabilité (animaux, etc ...).
Après, cela reste une boîte de Zombicide. La chance, par ses nombreux lancers de dés (pour les combats) et tirages de cartes, peut mener un scénario prévu pour 45 min en un carnage quasi immédiat ou une lente agonie de plus de deux heures.
Le jeu reste de plus toujours un peu répétitif : Se déplacer, ouvrir une porte, tirer, faire apparaître des zombies ... même si le plaisir est là, on ne cesse de suivre un certain processus routinier qui peut finir par lasser certains joueurs tout le long d'une partie. Et côté campagne, si elle permet rapidement de jouer avec les véhicules ou de devoir sauver des compagnons, ma soif de survie n'a pas forcément était étanchée par les surprises et de rebondissements sur le long terme.
Reste qu'avec cette mise à jour aussi satisfaisante visuellement que dans son gameplay, Zombicide : Saison 1 (deuxième édition) devient une superbe porte d'entrée pour quiconque veut s'essayer pour la licence, ou cherche juste une expérience coopérative fun, immersive tout en étant résolument accessible (et c'est un mec qui a fait jouer son père de 60 ans qui vous le confirme).
Pour ceux qui cherchent un peu plus de mordant stratégico-survalo-tactique, je ne peux en revanche que trop leur conseiller de se tourner vers Rue Morgue (dans le même esprit) ou Green Horde, clairement le titre le plus riche de la gamme ... même si vous perdrez forcément ce côté "moderne" qui a du forcément vous attirer ici (vous croyez que je ne vous sens pas, vous, les fans de The Walking Dead) !


